14/04/2016 : Journée d’étude - Les mondes de l'art au prisme de l'analyse de réseaux

Publié le par LISST

Les mondes de l'art au prisme
de l'analyse de réseaux

Journée d’étude


14 Avril 2016

Toulouse

Maison de la Recherche, Université Jean Jaurès,


Comité d’organisation

Martine Azam - Université Toulouse Jean Jaurès - LISST-CERS,
Nick Crossley – Manchester University - UK
Nathalie Chauvac - Université Toulouse Jean Jaurès - LISST-CERS, Scool, coopérative de recherches en sciences humaines et sociales,
Guillaume Cabanac - Université Paul Sabatier - IRIT

Argumentaire

En sociologie ou en histoire, et plus largement dans les sciences sociales, l’analyse de réseaux émerge comme méthode et/ou comme approche théorique pour renouveler les perspectives dans les recherches sur les arts.
Les milieux artistiques autant que les chercheurs connaissent depuis longtemps l’importance des réseaux en art, qu’il s’agisse de la production/création, de sa diffusion, de sa consommation/réception ou de la production de la valeur.

Ils sont placés au cœur de la réflexion de H. S. Becker dans Les Mondes de l’art. Un monde y est défini comme « un réseau de personnes coopérant à faire exister une activité qu’elles s’entendent pour considérer comme de l’art »(Becker 1988). Le terme de réseau suppose l’existence les différentes catégories de participants impliqués dans la chaîne de coopération. Institutionnalisées ou informelles, directes ou indirectes, les coopérations que les membres du monde de l’art entretiennent conditionnent la possibilité même de l’activité. Les travaux de P. Bourdieu dans Les règles de l’art, analysent la genèse du champ et montrent l’importance des relations interpersonnelles dans le champ artistique. Les agents et leur rôle y sont traités dans une approche permettant de saisir, pour les artistes comme pour les œuvres, leur interconnaissance et les actions qui en découlent (Bourdieu 1998). L’idée de réseau est également inscrite en arrière fond de la notion de capital social lequel renvoie à l’ensemble des personnes pouvant être mobilisées par un individu pour avoir accès à une ressource. Monde ou champ, réseau de coopération ou capital social, la thématique des réseaux – personnels et/ou entre entités – est présente dans ces recherches qui ont structuré les débats en sociologie de l’art mais dans les deux cas, l’usage du terme est métaphorique. Au-delà de ces travaux essentiels dont l’entrée vise à asseoir une théorie du social, les recherches qui ont suivi – on peut penser à celles axées sur la question de la construction de la valeur en art – se sont développées à l’écart des possibilités offertes par l'analyse de réseaux, alors même que l’usage de ce terme se généralise en sociologie de l’art. En sens inverse, pour l'analyse de réseaux, le domaine artistique reste encore périphérique dans les objets de recherche.

Des travaux récents ont associé les deux approches. Ainsi Nick Crossley explique-t-il l’émergence du mouvement punk en Grande Bretagne à partir de l’étude des relations entre les différents protagonistes de celui-ci, mobilisant l’analyse des réseaux sociaux à la fois comme méthodologie et comme cadre d’analyse. C’est aussi le cas de Dafné Muntayola qui s’intéresse aux réseaux de coproduction d’une œuvre d’art, ici une représentation d’une compagnie de danse.
Dans d’autres disciplines, Andràs Schubert analyse l’encastrement des collaborations de musiciens de jazz dans leurs réseaux en utilisant les outils statistiques. Emilie Roffidal se penche sur les réseaux d’artistes –peintre dans les académies d’art à la période de la France préindustrielle.
Martine Azam, Nathalie Chauvac et Laurence Cloutier proposent un focus sur les collaborations impliquant des artistes dans l’émergence d’un Tiers Lieu.

Ces premiers travaux s’avèrent très prometteurs mais soulèvent plusieurs questions qui seront le fil directeur de cette journée :
Quels peuvent être les apports de l’analyse des réseaux à la sociologie de l’art et de la culture ? Comment l’analyse des réseaux peut-elle contribuer à l’interdisciplinarité sur ces thématiques ? Quelles adaptations doivent être apportées aux méthodes et outils de l’analyse de réseaux quand ceux-ci s’appliquent au domaine de l’art et de la culture ?

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