L’enseignement supérieur et la recherche - relation entre la France et l’Afrique du Sud.
Elisabeth Barbier
Ambassadrice de France en Afrique du Sud
L’enseignement supérieur et la recherche représentent un axe prioritaire de la relation entre la France et l’Afrique du Sud. L’intensité de cette coopération bilatérale répond en premier lieu à une demande sud-africaine. La construction des capacités, les problématiques de développement et de réduction des inégalités, l’ouverture internationale d’un système longtemps mis à l’écart de la communauté internationale, et enfin la volonté affichée d’un passage d’une économie basée sur les matières premières à une économie de la connaissance sont au cœur des préoccupations du gouvernement sud-africain. L’intensité de cette coopération répond également à l’intérêt de la France. Au-delà des problématiques de rayonnement et d’attractivité qui sont une composante essentielle de l’action diplomatique française, le partenariat avec l’Afrique du Sud affiche des spécificités intéressantes. Le lien avec la diplomatie économique y est particulièrement marqué, dans un pays où les investissements du gouvernement en termes d’infrastructures sont directement liés aux problématiques de formation. Mais l’Afrique du Sud est également un terrain de recherche unique dans certains domaines comme la recherche médicale, l’étude et la préservation de la biodiversité ou l’océanographie. Le pays présente également des domaines d’excellence portés par les meilleures universités du conti- nent et moteurs pour les programmes de coopération : médecine, géologie et plus large- ment toutes les sciences liées à la mine. Centrée jusqu’en 2011 sur la recherche - avec succès, la France étant devenue le 4e partenaire scientifique de l’Afrique du Sud -, l’action de l’Ambassade de France en Afrique du Sud s’est réorientée, avec l’objectif de tirer profit de ce dynamisme pour développer la mobilité étudiante. En effet, si la mobilité entrante est une réalité tangible et en croissance, la mobilité sortante ne fait pas encore partie de la culture sud-africaine (7 000 étudiants en mobilité) et est à 60 % tournée vers les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie. Les flux de mobilité vers les autres pays, dont la France, classée à une anecdotique 14e place, restent encore peu nourris.
L’origine de cette faiblesse est multiple et complexe et nous nous attachons, aux côtés des ministères de la recherche et de l’enseigne- ment supérieur sud-africains, à inverser cette tendance. Au-delà de la promotion des universités prestigieuses du pays, reconnues comme les meilleures du continent africain et bénéficiant d’une très bonne visibilité internationale, nos actions conjointes ciblent le développement des établissements anciennement réservés aux populations défavorisées, qui sont en pleine croissance et demeurent une priorité du gouvernement sud-africain. La France et l’Afrique du Sud financent ainsi des centres de formation et de recherche communs dans des universités technologiques et rurales, touchant des domaines aussi variés que la technologie (F’SATI), l’agriculture (F’SAGRI) et pour certains cofinancés par des entreprises françaises telles que Dassault Systèmes (PLMCC) et Schneider Electric (F’SASEC). Ces programmes assurent aux étudiants l’obtention d’un diplôme français tout en étudiant sur le territoire sud-africain, et permettent de maintenir un flux d’étudiants en échange.
Notre coopération universitaire est complétée par un important programme de bourses de l’État français à destination des étudiants (Master et Doctorat) et chercheurs. L’appétence des jeunes sud-africains et lesothans pour ce programme ne cesse de croître, avec 130 dossiers déposés en 2015 pour la filière Master, en augmentation annuelle de 30 %. Nous sommes extrêmement satisfaits de ce succès, et fiers des 25 étudiants qui obtiennent chaque année leur diplôme de Master grâce à notre soutien et à leur motivation sans faille.
Depuis son ouverture en 2010, l’Espace Campus France Afrique du Sud accompagne la montée en puissance du programme de bourses d’études. Très présent sur le terrain, le bureau organise notamment des French days et tournées régulières dans les universités sud-africaines. En 2016, il sera par ailleurs en charge de l’organisation du grand salon « Study in Europe », organisé sur plusieurs jours au Cap et Johannesburg en février, et de l’animation du réseau France Alumni - Afrique du Sud.
Ce dossier revient sur ces riches activités et se destine à enrichir la Journée « Afrique du Sud » en France en octobre 2015. Organisé par Campus France avec l’appui de l’Ambassade de France à Pretoria, l’événement s’inscrit dans la continuité de nos actions en réunissant les universités françaises et sud-africaines à Paris, avec pour objectif de faire émerger de nouveaux partenariats, et représente un signe fort de notre désir de poursuivre le développement de la coopération universitaire franco-sud-africaine.
http://ressources.campusfrance.org/publi_institu/agence_cf/dossiers/fr/dossier_28_fr.pdf