01/06/2016 : Agriculture, care et écologie démocratique

Publié le par LISST

Agriculture, care et écologie démocratique
Philosophie politique, sociologie et théâtre anthropologique

LABEX Structurations des Mondes Sociaux / "Mondes ruraux"
Université Toulouse Jean Jaurès, Maison de la Recherche, salle D29, 9h30-16h30

https://partage.univ-tlse2.fr/j7n36m0

Mercredi 1ier juin 2016

9h30 - Joëlle Zask (philosophe, Université Aix-Marseille) : Présentation de son dernier ouvrage La démocratie aux champs. Du jardin d'Eden aux jardins partagés, comment l'agriculture cultive les valeurs démocratiques (Ed. Les empêcheurs de penser en rond / La Découverte, 2016)

On a l’habitude de penser que la démocratie moderne vient des Lumières, de l’usine, du commerce, de la ville. Opposé au citadin et même au citoyen, le paysan serait au mieux primitif et proche de la nature, au pire arrièré et réactionnaire.
À l’opposé de cette vision, ce livre examine ce qui, dans les relations entre les cultivateurs et la terre cultivée, favorise la formation de la citoyenneté. Défile alors sous nos yeux un cortège étonnant d’expériences agricoles, les unes antiques, les autres actuelles ; du jardin d’Éden qu’Adam doit « cultiver » et aussi « garder » à la « petite république » que fut la ferme pour Jefferson ; des chambrées et foyers médiévaux au lopin de terre russe ; du jardin ouvrier au jardin thérapeutique ; des « guérillas vertes » aux jardins partagés australiens.
Cultiver la terre n’est pas un travail comme un autre. Ce n’est pas suer, souffrir ni arracher, arraisonner. C’est dialoguer, être attentif, prendre une initiative et écouter la réponse, anticiper, sachant qu’on ne peut calculer à coup sûr, et aussi participer, apprendre des autres, coopérer, partager. L’agriculture peut donc, sous certaines conditions, représenter une puissance de changement considérable et un véritable espoir pour l’écologie démocratique.

11h10 - Laura Centemeri (sociologue, CNRS/EHESS, Centre d'étude des mouvements sociaux – Institut Marcel Mauss) : Care, justice, habiter et designer : comment le mouvement de la permaculture pense le politique à partir du lien à la terre

La permaculture ne se limite pas à un ensemble de techniques agricoles. Elle se propose d’abord comme un cadre articulé et composite de « répertoires normatifs » et de « modes de valuer », qui guident la relation de l’être humain à son environnement, et qui traduisent les principes suivants : prendre soin de la terre (au sens premier de prendre soin du sol et le régénérer) ; prendre soin des personnes ; redistribuer le surplus ; choisir de manière écologiquement responsable (en matière de procréation et de consommation). A ces principes, il faut ajouter celui de l’imitation des relations et des patterns qu’on peut observer à l’œuvre dans la nature (une forme de biomimétisme) et qui ont inspiré les solutions techniques adoptées par nombre de cultures traditionnelles (notamment indigènes).
Ce qui caractérise la proposition culturelle et politique (avant d'être technique) du mouvement de la permaculture est donc la volonté de travailler à la réconciliation de dimensions de l’expérience que la modernité occidentale a construites comme incommensurables : l’intuition et la rationalité systémique ; la stratégie et l’harmonie ; la science, l’art et les savoirs ; la spiritualité et l’émancipation ; la justice et le care ; l’activité et la passivité… jusqu’à la séparation entre urbain et rural. Cette proposition ouvre sur des possibilités d’innovation, d’exploration et d’invention dans les réponses possibles, par le bas, aux défis soulevés par la crise écologique. Elle fait aussi émerger des interrogations cruciales, en raison notamment de la critique que la permaculture adresse au modèle de développement basé sur la croissance économique.

12h40 - Pause déjeuner

14h - Christophe Rulhes (auteur, metteur en scène, anthropologue et musicien) et Julien Cassier (chorégraphe, scénographe, acrobate et comédien) pour le GdRA : Expériences d'éducation socioculturelle en lycées agricoles
http://legdra.fr/

15h30 - Discussions avec le public

16h30 - Fin du séminaire

contact : alexandre.gaudin@toulouse.inra.fr

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